Lettre d'actualités EEE outre-mer - septembre 2017
 
 
 
 Actualités outre-mer
 
 

UTILISATION D'UN DRONE POUR LUTTER CONTRE LA PETITE FOURMI DE FEU


Pour éradiquer la mégacolonie de Petite fourmi de feu de Ta Maru Ata, en plein coeur d'une vallée protégée où vivent quelques-unes des dernières populations de Monarque de Tahiti au monde, l'association SOP-Manu a déployé les grands moyens : un drone pour répandre l'insecticide sur une falaise inaccessible à l'homme.
 

Contact : Thomas Gesthemme (SOP-Manu)
 
 

LE CHAT HARET, UNE MENACE MAJEURE POUR LA FAUNE DE NOUVELLE-CALEDONIE


Une étude récente sur le régime alimentaire des chats harets en Nouvelle-Calédonie montre que leur prédation s'exerce sur les reptiles, les chauves-souris, les pétrels et des rongeurs introduits. 44 espèces de vertébrés indigènes de Nouvelle-Calédonie figurent ainsi parmi leurs proies dont 20 espèces menacées selon la Liste rouge mondiale de l'UICN. L'étude recommande de concentrer les actions de gestion des populations de chats harets sur les sites essentiels à la conservation des espèces menacées, en particulier le maquis et la forêt humide. 

Palmas, P. et al. (2017). Feral cats threaten the outstanding endemic fauna of the New Caledonia biodiversity hotspot. Biological Conservation 214 : 250-259.
 
Contact : Eric Vidal (IMBE-IRD)
 
 

VARROA DESTRUCTOR DETECTE A LA REUNION


La Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DAAF) et le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) ont confirmé la présence du Varroa destructor à La Réunion. Découvert à Saint-Denis dans un rucher sentinelle, l’acarien est désormais officiellement dans l’île. Au 30 Juin 2017, 211 ruchers ont été visités par le GDS. 133 étaient sains, 78 étaient contaminés par le varroa.


La colonisation de l’île par le varroa est une mauvaise nouvelle pour les abeilles et les apiculteurs. Il est l’une des principales causes de la diminution du nombre d’abeilles dans le monde. Les conséquences économiques et environnementales peuvent être importantes.C’est également une mauvaise nouvelle pour les écosystèmes naturels et cultivés de l’île, car l’abeille indigène de l’océan Indien, Apis mellifera unicolor, joue un rôle dans la pollinisation des espèces végétales indigènes et cultivées.


 
 Actualités internationales
 

12 NOUVELLES ESPECES INSCRITES A LA LISTE DES EEE PREOCCUPANTES POUR L'EUROPE  


La Commission européenne a mis à jour la liste des EEE préoccupantes pour l’Union. Neuf espèces supplémentaires de flore y figurent désormais, dont la Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), la Balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) et le Myriophylle hétérophylle (Myriophyllum heterophyllum).

 

Trois espèces de faune y figurent également : l’Ouette d’Egypte (Alopochen aegyptiacus), le Chien viverrin (Nyctereutes procyonoides) et le Rat musqué (Ondatra zibethicus). La liste européenne passe donc de 37 à 49 espèces.


Deux compléments à cette liste sont programmés fin 2017 et début 2018. Parmi les espèces proposées dans le deuxième complément se trouvent, entre autres, le Vison d’Amérique (Neovison vison), trois espèces de poissons dont les poissons-chats (Ameiurus spp) et 7 espèces végétales, dont la Laitue d’eau (Pistia stratiotes) et l’Ailante (Ailanthus altissima). Le troisième complément qui sera évalué en février 2018 proposera l’inscription dans cette liste de trois premières espèces de poissons marins, trois espèces de fourmis de feu (Solenopsis sp.), l’Écrevisse à tâches rouges (Orconectes rusticus) ou encore la Tortue peinte (Chrysemys picta).

 
 
 

LA CONVENTION INTERNATIONALE POUR LA GESTION DES EAUX DE BALLAST EN VIGUEUR LE 8 SEPTEMBRE 2017


La Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires (Convention BWM) a été adoptée en 2004 par l’Organisation maritime internationale (OMI).

Suite à l'entrée de la Finlande dans le processus le 8 septembre 2016, la convention est entrée en vigueur le 8 septembre 2017. Elle représente une mesure internationale clé pour la protection de l’environnement marin visant à empêcher la prolifération des espèces aquatiques envahissantes dans les eaux de ballast des navires. Tous les navires effectuant des voyages internationaux sont tenus de gérer leurs eaux de ballast et sédiments en fonction de certaines règles, conformément à un plan de gestion.
 
 
 

MISE A JOUR DE LA LISTE ROUGE MONDIALE DES ESPECES MENACEES DE L'UICN

 

Cinq des six principales espèces de frênes d’Amérique du Nord font leur entrée dans la Liste rouge de l’UICN dans la catégorie En danger critique (à un pas de l’extinction), la sixième étant classée En danger. Ces espèces sont décimées par un coléoptère envahissant, l’Agrile du frêne (Agrilus planipennis). 


La nouvelle édition de la Liste rouge déclare Éteinte la Pipistrelle de l’île Christmas (Pipistrellus murrayi), une espèce de chauve-souris endémique de cette île. Les motifs de son déclin ne sont pas clairement élucidés, mais il peut s’agir des effets combinés d’une prédation accrue par des espèces introduites, des ravages causés par la fourmi envahissante Anoplolepis gracilipes sur son habitat et sur ses proies principalement constituées d’invertébrés, ou peut-être d’une maladie inconnue.


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L'UICN PROPOSE UN SYSTEME DE CLASSIFICATION DES EEE SELON LEURS IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX

 

Sur la base du constat qu'il n'existe pas de processus mondial, normalisé et systématique pour évaluer et prioriser les espèces exotiques envahissantes, les Parties à Convention sur la diversité biologique ont appelé l'UICN à développer un système de classification de ces espèces basé sur la nature et l'ampleur de leurs impacts.


L’UICN, via son Groupe de spécialistes sur les espèces envahissantes de la Commission de la sauvegarde des espèces, a élaboré cette méthode, publiée en 2015 sous le titre «Environmental Impact Classification of Alien Taxa» (EICAT).

Entre juin et juillet 2017, l'UICN a organisé une consultation au niveau mondial auprès de ses membres et des experts de ses commissions axée sur les fondements scientifiques de la méthode, ses processus et sa gouvernance.


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 Publications, rapports et lettres d'informations
 

Publications


Ferry, R., Buske, Y., Poupin, J., & Smith-Ravin, J. (2017). First record of the invasive swimming crab Charybdis hellerii (A. Milne Edwards, 1867)(Crustacea, Portunidae) off Martinique, French Lesser Antilles. BioInvasions Record, 6(3). Lien

Groom, S. V. C., Stevens, M. I., Ramage, T., and Schwarz, M. P. (2017). Origins and implications of apid bees (Hymentopera: Apidae) in French Polynesia. Entomological Science 20: 65–75. doi: 10.1111/ens.12230. Lien
 
Jacquot, M., et al. (2017). Contrasting predation services of predator and omnivore diversity mediated by invasive ants in a tropical agroecosystem. Basic and Applied Ecology 18 : 31-39.Lien

Palmas, P., et al. (2017). Feral cats threaten the outstanding endemic fauna of the New Caledonia biodiversity hotspot. Biological Conservation 214 : 250-259. Lien
 
ZoBell VM, Furnas BJ. (2017). Impacts of land use and invasive species on native avifauna of Mo’orea, French Polynesia. PeerJ. Lien

Rapport


Fried, G. (2017). Interêt de la mise en place d'un système de veille et d'alerte sur les plantes exotiques envahissantes dans les départements et régions d'outre-mer. ANSES. 21 p. Télécharger

Ce rapport présente les résultats d'une enquête conduite en 2016 par l'ANSES sur l’opportunité de mettre en place un réseau d’alerte inter-DOM sur les plantes exotiques envahissantes. Le rapport synthétise les 41 réponses reçues des 5 DOM. Il s’agit d’une initiative de l’Anses sur la base du système de notes d’alerte et de signal déjà existant en France métropolitaine depuis 2011, qui couvre tout type d’impact sanitaire, environnemental et économique.

Lettres d'information

Groupe de travail national IBMA : numéro 19 - sept. 2017

Réseau de prévention, de surveillance et de lutte contre les espèces envahissantes de Polynésie française : numéro 14 - juil.2017

Programme inva'ziles : numéro 3 - juil. 2017